Bienvenus chez moi

Un petit bazar de tout et de rien: ma vie, ma famille, mes broderies, la cuisine et le tricot depuis peu...
Vendredi 1 février 2008
J'ai découvert cette "chose" lorsque j'étais enceinte de Romane. Je n'avais pas le droit de trop bouger, cela m'a obligée à trouver une sage femme qui se déplace à domicile (ce qui était assez difficile à l'époque dans le Sud). J'ai réussi à en trouver une qui a bien voulu me suivre à domicile après beaucoup d'appels. Au téléphone, elle m'avait expliqué qu'elle faisait la méthode sophrologique, ne connaissant pas et n'ayant pas trop le choix j'avais accepté.
Et ainsi par hasard, j'ai trouvé une méthode qui me convenait parfaitement. Moi qui suis assez stressée, tendue, cela m'a énormément apaisée. Je me sert encore de temps en temps de ce que j'ai appris au niveau respiration quand je sens que je suis trop nerveuse. J'aime beaucoup ce moment où l'on se détend réellement, où l'on sent son corps se mettre à flotter, être juste relié à l'extérieur par la voix de la sage-femme.

Il y a une séance qui m'a marquée: je devais me représenter mon bébé. Et je n'y arrivais pas... Je voyais le bébé dans mon ventre façon image médicale 3D ou alors je me voyais moi enfant qui jouait dans le jardin chez mes parents. Il faut préciser qu'à l'époque je ne savait pas le sexe du futur bébé, nous avions décider de garder le secret. Même si Zhom était persuadé que ce serait une petite fille, moi j'espérai un petit garçon, mais lorsque Romane est née et qu'ils nous ont dit que c'était une petite fille, je n'ai pas été surprise.
J'ai lu depuis dans un forum, je suis désolée je ne me rappelle plus où, que le bébé dans le ventre de sa mère "choisissait" son prénom, envoyait une sorte de signal pour dire "c'est comme ça que je veux m'appeler". Nous avions trouvé le prénom Romane à 5 mois de grossesse, le prénom de garçon a été bloqué à 8 mois mais ne nous plaisait pas tant que cela... (Pour Baptiste nous savions le sexe mais le prénom a été un casse tête: je l'avais évoqué une première fois à 5-6 mois, il avait été refusé puis accepté à 2 semaines de la naissance)

Donc pour en revenir à la sophrologie, j'ai vraiment apprécié, j'ai même eu le droit comme cadeau de Noël à une méthode de sophrologie sur iTunes.
Un petit conseil, si comme moi vous êtes ultra stressée, une petite séance de sophro, c'est génial!! (ou alors 1 heure entre les mains d'une merveilleuse esthéticienne de Charentes)


PS: un petit lien très utile, le site officiel des sages-femmes libérale
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Jeudi 24 janvier 2008

Partie 5

Y. ne me parlait jamais de son fils. Il devait avoir 30 ans lorsqu'il est mort, la seule marque de son existence pour moi était une petite photo en noir et blanc encadrée et posée sur le meuble du salon. Je crois qu'il était trisomique, "attardé" comme on le murmurait même si je n'ai pu mettre un nom sur sa maladie que bien des années plus tard.
En 1995, lorsque nous avons déménagé sur Brest, Y. vivait toujours dans sa petite maison, elle devait constamment surveiller ses repas: pas de sel, pas de beurre, pas de matière grasse. Elle était sous respirateur, elle avait toujours été très forte et son coeur et ses poumons avaient du mal à suivre. Mais malgré cela, elle était toujours heureuse de nous accueillir pour une tisane et pour bavarder les fois où nous descendions voir la famille.
Le jour où ma mère m'a appelé pour m'annoncer son décès, j'étais à l'école dans le sud de la France et j'étais en train d'écrire une lettre à Y. Je suis rentrée à Nantes pour assister à son enterrement, c'est ce jour-là que j'ai entr'aperçue pour la première fois la chambre de Y.. Chez nous, les chambres des adultes étaient des lieux tabous où les enfants n'avaient pas le droit de rentrer. J'ai refusé de la voir. Je ne suis pas très à l'aise avec les morts, je préfère me rappeler d'eux vivants. Le jour de son enterrement, sa fille m'a dit devant sa tombe de finir cette lettre. Je n'ai jamais réussi à le faire, cette lettre était pleine de futilités, je lui racontais ma vie à l'école où j'étais à ce moment-là en quelques mots.
Peu de jours avant mon mariage, je suis allée sur la tombe qu'elle partage maintenant avec son mari et son fils, un peu comme lorsque j'étais enfant et que j'allais chez elle boire une tisane...

Fin...
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Mercredi 23 janvier 2008

Partie 4
Après ce décès, nous avons entouré Y., nous avons continué nos après midi tisane-papotage, elle me racontait par bribes la guerre de 39-45 à Nantes et moi je l'écoutais fascinée. Elle m'a donné le goût de l'Histoire. J'aurai voulu lui poser des centaines de questions, j'aurai voulu écrire son histoire; malheureusement, je n'ai jamais osé lui demander, je le regrette aujourd'hui. J'ai oublié beaucoup de ce qu'elle a pu me raconter, je me rappelle juste du lieu où elle me les racontais. Cette petite cuisine avec le calendrier des Postes, la fenêtre qui s'ouvrait sur un grand jardin où j'aimais aller prendre des cerises et des fraises lorsque c'était la saison, le vieux canapé tout défoncé en velours où j'aimais m'asseoir, les chaises et la table en formica très années 70. Mais je crois que c'est dans cette cuisine que j'ai passé quelques uns des meilleurs moments de mon enfance. J'aimais écouter Y. me parler de sa famille, de sa petite nièce qui faisait des études pour devenir chercheuse en biologie et que j'admirai sans l'avoir jamais vu. Elle me parlait de sa fille qui était un peu hippie, un peu baba cool qui testait pleins de petits boulots sans jamais se fixer, ma mère m'a dit bien des années plus tard qu'Y. avait lutté pour ne pas partir avant de savoir sa fille posée et "établie" comme on disait. Mais je pense que cette fille était trop libre, trop feu-follet pour jamais se poser. Elle doit avoir 50-60 ans maintenant et j'aimerai savoir ce qu'elle est devenue, si elle est heureuse...

A suivre...
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Mardi 22 janvier 2008

Partie 3
R. avait une jambe de bois, un souvenir de guerre. Il était cheminot à Nantes pendant la guerre 39-45, il avait glissé sur une voie de chemin de fer et un train lui avait coupé la jambe. Depuis, il boitait légèrement. Il est mort vers 1989, je crois. Mon père a souffert de son décès, c'est lui qui l'a emmené à l'hôpital le soir de sa mort et il nous a raconté avoir ri avec lui en disant qu'il y aurai encore des après-midi à la cave, que ce n'était rien, ils riaient tous les deux alors que les poumons de R. se remplissaient d'eau pendant qu'ils riaient. Il est mort quelques heures après, les après-midi à la cave étaient finis. Je crois que mon père a longtemps regretté ce voisin-ami. Il était le parrain d'une de mes soeurs preuve de l'attachement que mes parents avaient pour lui, dans notre famille, les parrains et marraines ont une grande signification.

A suivre
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Lundi 21 janvier 2008

Partie 2
Ils en ont passé des heures dans cette cave, à discuter, refaire le monde, c'était une institution dans le quartier la cave de R., les hommes ne marchaient pas toujours droit en sortant mais il n'y avait que la rue ou quelques mètres à faire à pied pour rentrer chez soi. Si vous connaissez le film "Le Grand Chemin" qui avait été tourné à quelques kilomètres, la scène où Anémone doit ramener Richard Boringer en brouette chez eux, on murmurait à l'époque que cette scène était véridique pour cause de visites prolongées de caves. Les caves par chez nous étaient de simples pièces plus ou moins fraîches et humides où des dizaines de bouteille de vin étaient rangées et se couvraient d'années en années d'épaisses couches de poussière. A tel point que l'étiquette disparaissait souvent sous celle-ci, qu'importe plus la couche était épaisse, meilleure était la bouteille. Mais c'était une institution dans le quartier, chacun avait sa cave et on visitait régulièrement les caves voisines. Il ne faut pas non plus oublier que dans les années 80, l'alcool était beaucoup moins décrier que de nos jours, c'était dans les moeurs d'avoir sa cave personnelle et de boire un peu trop le week-end.

A suivre
Par Titsev - Publié dans : Digressions
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