Par Titsev
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Publié dans : Rufisque - Sénégal
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Il y a des articles qui sont assez durs à écrire parce qu'on ne sait pas comment ils pourront être interpretés (en même temps vu mon faible lectorat, je doute de
déclencher une énorme polémique)
Mais, ici au Sénégal, il m'arrive souvent d'hésiter entre le rire ou la navritude (du mot navrer Na je dis comme je veux) face à certains évenements.
Les sénégalais que l'on peut croiser sur Rufisque sont plus calmes que ceux de Dakar, je n'ai jamais été ennuyée à Rufisque et pourtant il m'arrive souvent de me perdre dans le marché, d'aller
dans des recoins où peu de "blancs" ont du déjà voir.
A l'inverse à Dakar, j'ai l'impression d'être dans une jungle où chacun se bat pour être le premier (en voiture, pour vous vendre quelque chose, pour vous grapiller quelques francs).
Il y a aussi des endroits où l'on croit un court instant que l'espoir est parti d'ici et puis, en plein embouteillage, un homme avec les jambes abîmées par la polio va venir discuter avec vous,
comme ça sans réclamer d'argent à votre grand étonnement... (D'ailleurs lui comme il ne demande rien, depuis on lui donne toujours un peu).
Et dans cette même rue, quelques mètres plus loin, vous allez virer une gamine venue faire la manche (ce qui m'a enervé c'est que sa mère était assise par terre sur le trottoir et qu'en nous
voyant, elle a envoyé sa fille quémander, en voyant ca, je me suis dit "Si tu veux quelque chose, tu te lèves, garde un peu de dignité") ou encore, vous les voyez attraper en vitesse le bébé qui
trainait par terre pour venir vous demander "quelques sous pour le bébé", alors malgré votre pincement au coeur, vous ne donnez pas parfois un simple "l'argent c'est pour mes enfants" suffit à
les faire partir.
Dans cette rue, que j'appelle parfois la Cour des Miracles, j'ai toujours un pincement au coeur lorsque je vois ces enfants qui naissent sur un bout de trottoir et qui y mourront certainement, à
moins qu'ils ne se retrouvent à mendier pour un marabout...
En parlant de petits mendiants, il y en a partout ici, ils font partie du décor, en arrivant ici, on nous avait dit "Pas la peine de leur donner c'est pour le marabout". Et comme on se dit avec
Zom, il vaut peut être mieux leur donner justement pour qu'il puisse avoir la somme voulue plus tôt que de rentrer tard et finir le ventre vide (et endolori par les coups de baton).
Et puis, cette autre remarque, en France, on s'inquiète que les "immigrés" vivent tous ensemble souvent dans les mêmes quartiers. Mais ici au Sénégal, ce sont nous les imigrés et nous
reproduisont le même schéma, vivre ensemble dans les mêmes quartiers.
D'ici quelques mois, je vais quitter le Sénégal, la fin s'annonce et arrive à grands pas, je l'attends avec impatience parce que mine de rien qu'on le veuille ou non, on est bien en
France...
Par Titsev
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Publié dans : Rufisque - Sénégal
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