Comme je l'avais dit quelques posts plus tôt, le collège n'a pas été une promenade de santé pour moi. J'étais une adolescente mal dans ma peau, un peu coincée, mal fagotée. Bref, une adolescente dans toute sa splendeur!
Je n'étais pas très aimé dans ma classe, j'admirai certaines autres élèves de ma classe mais elles représentaient pour moi des idéaux que je pensais ne jamais pouvoir atteindre. L'une d'elle est décédée peu de temps après la fin du lycée d'un accident de mobylette. Cela m'avait choqué à cette époque lorsque ma grand mère m'avait annoncé "Tu connais A.? - Oui elle était avec moi au collège - Et bien elle a eu un accident de mobylette, elle est morte Ah ces jeunes etc..." Dans un film, cela aurai été la scène où le héros ne bouge plus et le monde autour de lui devient flou et en bruit de fond. Je me rappelle encore le surnom que le professeur de sport lui avait donné: "Musclor" et pour moi Musclor était trop fort pour mourir. Même après des années, je repense à elle, à ce qu'elle serai devenu si elle avait vécu, c'est bizarre de penser si longtemps après à une personne que l'on a connu quatre ans de sa vie durant une période que l'on aurai voulu oublier.
L'épisode qui m'a le plus blessé au collège aurai pu être un moment insignifiant, un rien qui pourtant encore aujourd'hui me procure un pincement au coeur, un petit pic de souffrance.
C'était en cours de français (ma matière préférée avec ma prof préférée) et l'un des élèves fêtait son anniversaire en cours. A cette occasion, il avait apporté un gros paquet de bonbons. Il a donc commencé sa distribution, un chacun, nous étions en 6ème encore un peu bébés même si beaucoup jouaient aux durs pour se faire respecter au milieu des "grands" de troisième. Donc ces bonbons, revenons au sujet. Cet élève commence donc sa distribution et arrive à mon niveau, me regarde droit dans les yeux et... continue sa distribution sans m'en donner.
Avec du recul, je pourrai rire de cette réaction puérile, malheureusement, je n'y arrive pas. J'avais accepté de me faire écraser, cela à continuer pendant 4 ans. A la fin du collège, profitant du fait que je voulais faire de l'allemand en 3ème langue, j'ai fait des pieds et des mains pour que mes parents me mettent dans un lycée privée où j'étais certaine de ne pas recroiser mes "camarades" de collège, je voulais reprendre à zéro. Je leur en suis reconnaissante d'avoir accepté même si je ne suis pas certaine qu'ils aient compris ma souffrance collégienne...
Maintenant, je me demande parfois ce que sont devenus ces enfants. Ont-ils visités le monde ou sont-ils resté dans le village de leur enfance? Par vantardise et peut-être pour refermer certaines vieilles blessures, j'aimerai les revoir, leur montrer que même si ils ont essayé de m'écraser, j'ai grandit, j'ai été la première femme sous-officier au milieu de 80 hommes sur un bateau militaire. Mais je crois que ce bonbon continue à me hanter. Que si je ne suis pas aussi forte que je le voudrai à l'heure actuelle, que si je n'ose pas toujours refuser les services que l'on me demande, mon grand défaut d'être "trop gentille", si je n'ose pas dire "M-E-R-D-E" aux idiots c'est un peu à cause de cela...