Il m'arrive souvent durant la journée ou certains soirs lorsque je rentre chez moi de me dire: "tiens cela ferai un bon article". Par exemple, hier matin, alors que je traversais la station encore endormie, j'ai regrettée de ne pas avoir mon appareil photo, la nuit était belle, les étoiles brillantes, la lune finissait de découvrir son premier croissant et là, un article a commencé à germer, tout en poésie, tout léger. Toute la journée, il m'a trotté dans la tête, je pensais aux tournures de phrases, aux respirations du texte, il était là tout prêt dans ma tête; malheureusement, ce soir lorsque j'ai voulu le mettre sur le clavier, mon bel article aérien se transformait en rouleau compresseur lourd et indigeste...
Cela m'arrive très souvent, voir même tous les jours, il me faudrait noter de suite mes idées pour les restituer ensuite via mon clavier. Mais je crois que je n'y arriverai jamais, je suis trop vieille école, j'aime écrire au style plutôt qu'au clavier, j'aime toucher les pages d'un livre, j'aime le bruissement apaisant des pages qui se tournent. Je suis fan de vieux livres, j'aimerai plonger dedans et revivre leur histoire, où ils sont nés, qui les a feuilleté avant moi.
Enfant, mes grands parents paternels m'avaient offert l'encyclopédie France Loisirs en 20 tomes et mon grand plaisir était de les lire au hasard, surtout la partie "Noms Propres". J'ai lu avec passion du haut de mes 12 ans les vies fascinantes de Victor Hugo, Jules Verne, Marie Curie, Napoléon, Vercingétorix et bien d'autres. De cette époque, je crois qu'une certaine forme de curiosité est née en moi. Je m'intéresse à tout sans jamais bien arriver à me fixer sur une chose.
J'ai voulu faire médecine alors que j'étais une littéraire douée en langues, je me suis enfermée dans une filière scientifique qui ne me correspondait pas. Je suis rentrée avec bonheur dans la Marine pour voyager et aussi un peu pour couper le cordon qui me retenait toujours à mes parents et m'empêchait de grandir. Je sais bien que ce que je dis est très dur à entendre pour des parents, j'en suis consciente, je souhaite être assez forte le moment venu pour lâcher la main de mes enfants et les laisser s'envoler même si ça fait mal, même si c'est loin. Pour l'instant, ils sont encore petits dans la phase "Maman câlin" lorsqu'ils sont malades.
Tout cela pour dire qu'un jour, j'aimerai pouvoir écrire un livre... Mais au fond de moi, il y a un doute face au nombre de projets que je n'ai pas fini.